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jeudi 8 octobre 2020

Parlons de musique et de quelques trucs autour...

Ce soir pour changer je ne vais pas parler de Jdr mais de musique.

J'ai retouché un petit peu l'un de mes vieux Mix (il doit dater de 3/4 ans ou 5 peut-être je ne sais plus) et en ce moment je me l'écoute en boucle. Un bon petit voyage musical d'un peu plus de 4h00 où je passe en revue différents styles musicaux que j'affectionne.




Je ne me rappelle plus de tous les disques que j'ai utilisé pour celui-ci, mais ci-dessous, en voici quelques uns qui figurent dans le Mix (pour chacun je vous ai mis un lien vers Discogs si vous voulez la référence, c'est "vinyls only") :


Bon, puisqu'on parle de musique, je vais aussi parler d'un Jdr qui tourne autour de la musique (je sais j'avais dit pas de Jdr ce soir mais c'est l'occasion...) : Il s'agit de Rotting Christ de Batronoban.




J'ai téléchargé le Kit de Répétition sur Lulu, (ici aussi), et même si ça ne m'emballe, à première vue, pas autant que Mantra ou Planète Hurlante par exemple, ça a le mérite d'être encore un concept plutôt original et un univers bien singulier, et rien que cela, j'adore. Le seul bémol c'est que je suis loin d'être un gros fan de Métal mais il doit bien y avoir quelques idées que je pourraient adapter à mon Multivers pour des aventures musicales...


Ci-dessus : un esprit grec, dans les Enfers, réveillé par les musiciens. Artiste : Jérôme Cros


Rotting Christ est un jeu prenant pour cadre une époque contemporaine assez différente de la nôtre, de par l'influence délétère d'une entité appelée le Christ Pourrissant qui cherche à asservir l'humanité par l'intermédiaire de sa musique pourrie. En effet, lors de sa crucifixion, le Christ n'est pas mort pour renaître trois jours plus tard, mais est revenu à la vie immédiatement sous forme de mort-vivant. Depuis les enfers, il prépare son retour en asservissant les âmes des mortels dans sa cité infernale de Jérusalem-Byzance. Là, il a capturé, et transformé en Chevaliers de l'Apocalypse, les membres du groupe Rotting Christ dont la puissance de la musique menaçait son règne, tandis que sur Terre son église mène des tournées de concerts évangéliques pour combattre et exterminer les hérétiques. Contre cette entité et ses serviteurs se dressent des groupes de rock métal, à la musique plus proche de la musique primordiale, qui vont s'efforcer de contrecarrer cette influence grâce à leurs compositions. La musique habitant toute chose, saisir celle-ci permet de comprendre leur vraie nature et, en intervenant sur ses notes, de modifier cette nature, voire de détruire le monde lui-même. Le jeu s'inspire de la musique métal et en particulier de celle du groupe réel éponyme.

DANS CET UNIVERS DYSTOPIQUE, VOUS POURREZ...

  • Devenir des rockstars, composer un album et vaincre d’autres groupes !
  • Délivrer des innocents de l’emprise d’un musicien pourrissant.
  • Partir en quête d’un instrument légendaire.
  • Traquer une créature faite de fausses notes en décryptant sa composition.
  • Organiser un festival de métal en Enfer.
  • Affronter les membres de Rotting Christ, devenus les Cavaliers de l'Apocalypse !
  • Explorer les Enfers, trône d'un zombie dont le chant tyrannise l'Humanité!
  • S’allier ou arrêter des esprits antiques qui veulent perturber des concerts.
  • Organiser des tournois entre plusieurs groupes de PJ (multi tables) !

Ici un article qui détaille un peu plus le jeu.

En restant dans un Univers Métal, je vous conseille aussi la lecture de Murder Falcon.




Séparé de sa petite amie et sans but depuis que son groupe de metal Brooticus s’est séparé, Jake broie du noir. Jusqu’à ce qu’il voit débarquer Murder Falcon, sorte de méga-balèze à tête de faucon buvant de la bière. Lui seul est capable de combattre les monstres de plus en plus hideux qui déferlent depuis sur la ville, mais à condition de puiser toute son énergie dans le jeu de guitare de Jake… Enfin, si ce dernier se décide enfin à s’y remettre.

Un petit OVNI pour ceux qui rêveraient d'un Hellfest sous LSD où se croiseraient créatures du Mythes, Men in Black et Cyborgs délirants...




Et même si je ne suis pas un fan, je ne peux pas conclure ce post sans un petit hommage à Eddie Van Halen, bon je choisi le plus simple, mais n'oubliez pas que je suis Marseillais d'origines... (PS je ne suis certes pas un gros fan de Métal, mais alors le Foot, ce n'est vraiment pas mon truc du tout...)


mardi 7 juillet 2020

1d... d'influences aléatoires de l'annexe N de mon enfance...

Avec mon fils on discutait d'éléments de mon enfance que je pourrais inclure à notre nouvelle campagne, éléments qu'il connaît et autres qu'il ne connaît absolument pas et typique de cette époque, des trucs que j'aimais ou qui me faisaient fantasmer à la fin des années 70 et au début des années 80. Le but est de faire une table de jet où nous pourrions sélectionner au hasard un ou plusieurs thèmes à incorporer dans une aventure, BD, Film, Série TV, Jouets... Des trucs qu'il ne connait vraiment pas et vont le surprendre lui et ses potes mais aussi des classiques dont ils ont entendu parler, voire vu ou lu mais que le filtre de l'âge ne leur a pas fait apprécier à leur juste valeur. C'est un bon moyen en incluant certaines de ces sources dans notre campagne, parmi des éléments qui leurs sont plus familiers de se pencher sur tout un pan de la Pop Culture qui est à la base d'une partie de l'imaginaire ludique, maintenant encore.






Donc je me suis lancé dans une sorte d'annexe N de mon enfance et j'ai déjà commencé à jeter quelques pistes...


1d... d'influences aléatoires de l'annexe N de mon enfance :


1 - Jouets Micronauts (en France Micronautes) et bandes dessinées Marvel (même si il me semble qu'elle a été publiée un peu plus tard que les jouets en France)
2 - Mad Max 1 et 2
3 - Les œuvres de Ray Harryhausen
4 - La planète des singes (série TV et films de l'époque)
5 - Star Wars original
6 - 2001 l'odyssée de l'espace
7 - Alien et les œuvres de HG Giger
8 - Métal Hurlant, les BD du type RanXerox...
9 - Temps X et les séries diffusées dans l'émission (le Prisonnier...)
10 - L'Homme qui valait trois milliards
11 - Les mystères de l'Ouest
12 - Starsky et Hutch
13 - Les publications de Arédit / Artima
14 - Les comics de Jack Kirby
15 - Jouets Aigle Force
16 - Albator 78
17 - Spectreman
18 - San Ku Kaï
19 - Les Mystérieuses cités d'or
20 - Tarzan, seigneur de la jungle
21 - Mightor
22 - Capitaine Caverne, Scooby-Doo...
23 - Capitaine Flam
24 - Arok le barbare
25 - Rody le petit Cid
26 - Ulysse 31
27 - Dark Crystal
28 - Il était une fois… l'Espace
29 - Les brigades du tigre
30 - Les robots géants japonais
31 - Les Zoids
32 - Les Maîtres du temps
33 - Tygra, la glace et le feu
34 - Conan le barbare
35 - Dar l'invincible
36 - Judo boy
37 - Magnus, l'anti robot
38 - Le dragon du lac de feu
39 - Excalibur
40 - Rencontre du troisième type
41 - Rahan
42 - Tintin
43 - Luc Orient
44 - Yoko Tsuno
45 - Ric Hochet
46 - Jouets AD&D
47 - Capt'ain Swing
48 - Les envahisseurs (David Vincent)
49 - Battlestar Galactica (la série de 1978)
50 - Les guerriers de la nuit (The warriors)








Bon je ratisse large et je dépasse un peu sur quelques sorties plus récente où j'avais déjà dépassé les 10 ans, et j'en oublie des tonnes mais c'est un bon début. Il y a des trucs que j'étais clairement trop jeune pour regarder ou lire aussi, à l'époque, mais qu'est ce que ça faisait travailler mon imagination de voir par exemple, les affiches, les couvertures... Je reste uniquement sur des choses qui pourraient évidemment trouver une place dans nos aventures et le classement ne reflète pas un ordre de préférences mais les choses au fur et à mesure qu'elles me viennent à l'esprit. Encore un projet à la con en fait...




Une partie de mon annexe N actuelle,


Celle dans laquelle je puise pour trouver l'inspiration,


C'est complètement mélangé mais c'est fait exprès,


J'aime le bordel organisé,


Je trouve plus d'inspiration quand toutes mes sources sont mélangées, pas classées par genre, type...


Je pioche au hasard, ou ça m'oblige à chercher et à jeter un œil sur d'autres trucs auxquels je n'ai pas pensé...


Et vous n'avez pas vu mes autres armoires...




vendredi 28 février 2020

Bande dessinée - Burton & Cyb

En relisant récemment les sources d'inspirations de MEGA III, dans les BD j'ai vu Burton & Cyb, j'avais complètement oublié cette Bande Dessinée que je lisais à l'époque dans le magazine "Comics USA" et que j'adorais.





Burton et Cyb sont deux gangsters galactiques, minables par leur intelligence lacunaire, ridicules par leurs plans scabreux. L’un, playboy aux poings d’acier, l’autre cyborg, aux armes ultra-perfectionnées, ils évoluent dans un univers déluré, entre la planète Wall-Street, l’astéroïde du plaisir et la planète Raciste, aussi perverti qu’eux et dont ils cherchent par tous les moyens à tirer profit, mettant en œuvre toute leur perfidie. La recette est simple (enfin presque) : établir des plans d’une grande complexité et éventuellement élaborer une seconde arnaque derrière la première. Les seuls obstacles possibles à la réussite sont les imprévus, la poisse et la concurrence d’escrocs plus futés. Les extraterrestres tout comme les colons humains présentent certains traits communs de caractère. On retrouve ainsi chez toute peuplade la cupidité, la libido, la ferveur religieuse et le racisme, sans oublier la tendance à la destruction chez les militaires de toute espèce.





Scénarisées par l’Espagnol Antonio Segura et dessinées par José Ortiz (tous deux décédés) ces histoires se déroulent dans un univers de science-fiction décalé. L’engin spatial des deux loubards galactiques ressemblent à un vieux remorqueur maritime de XX° siècle (avec une cheminée). Il est même capable de voyager dans le temps. Bien entendu il ne s’agit pas d’un but historique, mais d’effectuer un voyage dans le futur pour connaître les résultats du loto avant le tirage. Un petit réglage et...oups. Les dinosaures ne sont pas censés exister dans le futur. Il faut donc en conclure que suite à une "petite" erreur le voyage temporel s’est effectué dans le passé (assez loin). Quant au voyage de retour il n’était pas prévu de ramener un passager clandestin (du genre tyrannosaure). Personne n’a jamais dit que les plans de Burton & Cyb étaient parfaits.





Il n’est d’univers plus foisonnant que celui de Burton et Cyb, qui côtoient tout le long de leurs aventures délirantes les créatures les plus dingues de la galaxie. Il faudra s’armer de science sans conscience pour parvenir à comprendre l’incompréhensible, à saisir l’illogisme du Garou-Loup qui s’il mord un homme devrait donc faire de lui un Garou-Loup-Garou ou peut-être un Garou-Garou ou peut-être un Homme, ou peut-être… ou la logique implacable d’un Cyb cynique qui résout le racisme pour vendre des chemises. Le trait qui porte cette folie scénaristique est à la hauteur de cette ambitieuse série qui malgré son foisonnement a le mérite de captiver le lecteur qui s’empresse de dévorer chaque mini-aventure. En effet, Ortiz manie avec beaucoup de dextérité l’Art du mouvement, compétence utile dans cette BD où castagne, baston et courses-poursuites sont mots d’ordre et sait donner toute la vie nécessaire à des personnages tarés, sans âmes et qui débordent pourtant d’une énergie presque communicative, un peu affolante aussi. En refermant l’ouvrage, on reste dubitatif, presque honteux d’avoir consommé sans s’en apercevoir une bande dessinée si peu conventionnelle. L'esprit de la BD est vraiment adapté à MEGA et de mon côté j'ai commencé à me re-procurer les albums.


jeudi 13 février 2020

Bande dessinée - Nobodyland : un cadre d'aventures Post-Apo...


Nobodyland, est une BD du début des années 90, écrite par Claude Carré et dessinée par Bernard Bittler. Il s'agit d'un diptyque de science-fiction, situé, à priori, après l'Apocalypse et qui nous entraîne à la découverte d'un palais-labyrinthe, conçu par un architecte pervers régnant sur des populations plus mortes que vives, décimées par la maladie et la faim. Cette réflexion sur la politique et ses déviations peut fournir un cadre intéressant pour de nombreuses aventures basées dans un mondes dévasté.




samedi 18 janvier 2020

Bande Dessinée - Nick Fury, Agent du S.E.R.V.O.

Petite trouvaille BD bien geek, Nick Fury, Agent du S.E.R.V.O.


A découvrir ou a redécouvrir (l'album ayant presque trente ans, et les aventures relatées quarante), par un auteur des années soixante indispensable mais assez peu publié en France : Jim Steranko, sorte de Jack Kirby sous acides, nous contant des aventures assez démentielles d'un Nick Fury sous influence de pop culture, récits d'espionnages décalés et semi-parodiques. Du tout bon pour amateur de comics estampillés 60's.


Nick Fury, c'est la synthèse de James Bond (enfin, de The Man From Uncle, si on en croit Stan The Man) et des super-héros Marvel. Quant à James Steranko, un singulier personnage : dessinateur de BD, artiste de l'évasion (Kirby se serait inspiré de lui pour Mister Miracle) puis prisonnier pour de vrai (pour cambriolages et vols à main armée !), il marqua durablement les pages de Nick Fury, Agent of the S.H.I.E.L.D. (devenu chez nous le S.E.R.V.O. l'espace d'un album).


Fury débute sa carrière aux USA dans son propre comic book, N°1, de Mai 1963. Les histoires, scénarisées par Stan Lee sont dessinées par Jack Kirby. Elles serrent de près la réalité d'engagements lors de la seconde guerre mondiale. Kirby -le dessinateur- y "injecte" des événements réels qui lui sont arrivés pendant son temps à l'armée. Du vécu de chez vécu !...Un excellent travail graphique, au trait réaliste qui permet d'apprécier son sens de la dynamique, de dialogues percutants et -surtout- de mises en pages parfois spectaculaires. Pourtant, Fury aura -pour ainsi dire- deux vies; la première, en tant que soldat-combattant, jusqu'au début des années 70. Mais déjà, en 1965, ses auteurs d'alors le "dédoublent" dans une autre série. Fury y apparaît, légèrement vieilli, en tant que responsable du S.H.I.E.L.D. (le "bouclier"); une organisation para militaire. Et c'est tout aussi costaud : lui et son équipe vont mener des missions plus que compliquées, être confrontés aux criminels les plus endurcis. Au gré des épisodes, cet espèce de pirate moderne (Nick porte un bandeau noir sur l'œil gauche) va essayer de déjouer d'incroyables complots organisés par les ennemis de l'Amérique, "SON" Amérique. Et ça déménage tout autant ! Créée donc par Stan Lee et dessinée par Jack Kirby, cette série passera dès 1967 et dans le présent album, aux mains de Jim Steranko qui en poursuivra sa destinée graphique et textuelle. Une très belle série donc, peu connue, si pas oubliée d'une grande partie du lectorat actuel; une saga vraiment jouissive, pleine de démesure, qui fait la part belle à de la formidable action soutenue par des scénarios "en béton". Trop "dure", trop sanglante, serrant de trop près la réalité d'époque ? Cette série n'est jamais parue en France, sous forme d'épisodes à suivre dans un quelconque périodique.


Cinq épisodes sont repris dans cet album :
  • Qui est Scorpio ?
  • Ecole d'Espions
  • Jour Fin du Monde (Doomsday)
  • Lune sombre monte, chien d'enfer tue.
  • Qu'est devenu Scorpio ?
Seul le dernier épisode est en couleur.


Ces quelques histoires sont des one shots et témoignent de la variété des ambiances abordées dans la série : récit d'espionnage, policier, épouvante, science-fiction, super-héros...


La première histoire introduit Scorpio qui réapparaît dans l'épisode qui ferme l'album, un vilain voué à la perte de Fury et qui sera appelé à jouer un grand rôle dans la vie de l'espion par la suite... La trame principale du récit (Scorpio tend un piège mortel à Fury près de Las Vegas) se double d'une intrigue secondaire, celle des destins croisés d'une petite frappe de Vegas aux dents longue et d'un comique raté perclus de dettes qui connaîtront une fin tragique... Ambiance tragique et violente de polar noir pour ce premier épisode...


L'épisode suivant donne l'occasion de pénétrer les coulisses du S.E.R.V.O. : caches, entraînement rigoureux des espions... Fury fait une démonstration de combat à mains nues avec Captain America... Et l'épisode introduit deux personnages importants de la série, Sydney E. Levine dit "Gaffer" ("La gaffe" en VF), le Q de Fury, et la comtesse Valentina Allegro de Fontaine, aux charmes de laquelle l'espion n'est pas insensible...


Passons sur Doomsday, histoire de SF qui ne s'avère n'être qu'un rêve (mais qui présente l'agent Jimmy Woo dans un subplot - c.à.d. une scène indépendante de l'action principale mais qui introduit des éléments pour un développement à venir) pour s'intéresser à Lune sombre...


Le récit se déroule en Ecosse près du Loch Ness et met en scène un chien fantôme inspiré du Chien des Baskerville, le plus célèbre roman de Sherlock Holmes... On retrouve l'ambiance des films de la Hammer avec un manoir, de vieilles pierres humides, des toiles d'araignées, des fantômes vindicatifs mais aussi des emprunts à un épisode de "Chapeau Melon et Bottes de Cuir" (castel De' Ath, première saison avec Emma Peel : passage sous-marin vers le loch, vierge de Nuremberg dissimulant un passage secret - le méchant connaît d'ailleurs la même fin tragique, lorsque le fond du sarcophage est bloqué et que le couvercle se referme !).


Enfin, le dernier épisode met en scène un nouvelle apparition de Scorpio qui se substitue à Nick Fury et tente de le faire abattre par ses propres amis. Dans cet épisode, Fury demande à son viel ami Pickman de tester les systèmes de sécurité du S.E.R.V.O., mission au cours de laquelle il sera frappé par une balle destinée à l'espion... Dans les dernières vignettes, Fury semble identifier le mystérieux Scorpio, répondant à la question qui ouvrait l'album... Mais le lecteur n'en saura pas davantage...


En dépît des maladresses (Steranko avait parfois des soucis avec les visages et l'anatomie) les aventures de Fury sont prenantes... L'auteur fait preuve d'une mise en page imaginative, cherchant des angles de vue et des effets originaux, et imagine des histoires qui ne sont pas exemptes d'une certaine cruauté. Dommage que les Humanos n'aient pas traduit davantage d'épisodes...



mardi 31 décembre 2019

Idée de scénario : Bande Dessinée - Kivu pour Trauma le Jdr...

Ma Femme était récemment à Bruxelles pour la journée, et sachant que je lis beaucoup de BD en ce moment m'a ramené cet album : Kivu.






L'histoire :


De nos jours, au Kivu (province de la République « Démocratique » du Congo), des bandes armées Hutus sèment la terreur dans les campagnes en commettant les pires exactions, torturant et faisant fuir les populations, avec la complicité des congolais, notamment militaires. Le jeune Jérémie et sa sœur Violette échappent de peu à ces atrocités, en blessant mortellement un militaire agresseur. Au siège de Metalurgico, multinationale européenne, le jeune ingénieur belge François Daans se voit confier une mission de terrain au Kivu : recruter un nouveau directeur de production. Metalurgico importe en effet le coltan, un minerai indispensable aux composants électroniques. Sur place, à Bukavu, François rencontre Peter de Bruyne, ancien mercenaire sans scrupule installé là-bas, qui mange à tous les râteliers, chargé par Metalurgico de le guider. Entretemps, Jérémie est arrêté, mais Violette réussit à se sauver. En ville, percutée par la voiture de de Bruyne emmenant François, elle est prise en charge par celui-ci. Le mercenaire explique au jeune la sale besogne qui l’occupe au Congo : surveiller et payer les directeurs de production pour qu’ils chassent les paysans et propriétaires et enrôlent des quasi-esclaves pour extraire le minerai et l’expédier en Europe. Violette raconte à François la terreur créée par les bandes, la torture, l’asservissement et d’autres abominations indescriptibles… Les deux hommes rencontrent le colonel Lumbabé pour affaires, qui réclame en plus « la fille », Violette, pour son acte contre le militaire. Heureusement, il côtoiera aussi des hommes droits, comme le capitaine retraité Songye, qui essaie de lutter contre ce système inhumain avec son fils Jimmy. Plus tard, il fera la connaissance des docteurs Cadière et Mukwege, œuvrant au dispensaire pour réparer les torturés et blessés. François ne peut cautionner les agissements de son employeur et démissionne, se mettant dès lors en danger. Recherchant Jérémie pour l’enlever à ses ravisseurs, il est obligé à un marché infâme et est entraîné dans une spirale infernale.


Réalisée par le scénariste vétéran Jean Van Hamme (Thorgal, XIII,Largo Winch...) et le dessinateur Christophe Simon (qui a dessiné entre autre quelques albums d'Alix), ce one-shot à l’aspect documentaire et géopolitique pourrait rebuter certains allergiques à un discours instructif ou de bonne conscience. Eh bien non, le scénariste s’engage de la façon la plus claire dans un contexte hélas authentique, mais au service d’un album d’action bien mené, aux personnages bien campés et crédibles. Evidemment, les stéréotypes sont inévitables, mais l’intrigue fluide et sans temps mort se lit d’abord avec plaisir, tout en apprenant les horreurs présentes, près de nous. Je n'ai jamais été un lecteur de XIII, Largo Winch ni même de Thorgal dont je n'ai jamais ouvert un seul album, je ne sais pas pourquoi jusqu'ici je n'ai jamais été attiré par ces sagas, la lecture de cette BD pourrai me sonner envie de m'intéresser au travail de Jean Van Hamme au moins sur Thorgal (il est temps que je jette un coup d'œil à cette BD que de nombreux rôlistes lisent à ma connaissance).


Bref, de moi-même je n'aurais jamais acheté cette BD et n'y aurais probablement pas fais attention tellement elle semble à priori éloignée des univers que j'affectionne. Mais le hasard faisant bien les choses, il se trouve que dans ma quête de me procurer ou re-procurer des jeux de ma jeunesse, j'ai reçu "Trauma".






Trauma est un jeu de rôle contemporain créé par Dominique Granger et Frédéric Leygonie. Initialement édité en 1986 dans la revue Chroniques d’outre-monde, il fut édité en livre à couverture dure par Aujourd’hui Communication en 1988. Il a été traduit et édité en anglais en 1991 par Darcsyde Productions (Melbourne, Australie). Des scénarios et aides de jeu étaient publiées régulièrement dans les Chroniques. Le maître du jeu s’appelle le « traumato ».


Trauma le jeu de rôle est donc sorti en 1986 dans le magazine Chroniques d’Outre Monde, il y a donc plus de 30 ans. La sortie de Chroniques d’Outre Monde a été une sacrée bonne surprise, le magazine se démarquait des autres publications rôlistiques de l’époque comme Casus Belli (ou Dragon Radieux) avec un ton humoristique décalé et franchement plus adulte (sans forcément être plus mature), et surtout moins politiquement correct que les autres. Dès le premier numéro on sentait déjà qu’ils allaient y évoquer sans retenue sexe et violence. Et dans cet ensemble déjà très prometteur se trouvait le jeu de rôle Trauma. Il faut se souvenir qu’à l’époque (comme aujourd’hui), les jeux de rôle étaient chers. Et dans un magazine qui coûte 28 Francs, avoir un jeu de rôle complet, et bien c’était super génial !








Les auteurs, proposaient un jeu permettant d'incarner des détectives privés, des journalistes, des flics, dans une ambiance qui rappelait les Flics de Miami par exemple... Le système de jeu, reposant sur un tableau de résolution comparable à celui de Rêve de Dragon ou de MEGA, très simple, très intuitif, s'avérait bien adapté à une tentative de simulation de l'action en ambiance contemporaine. A l'époque, ce jeu avait fait grand bruit par son orientation très action, ce qui lui valut une appellation de jeu très bourrin par la sainteté moralisante de l'époque, si vous connaissez, le premier magazine de jeux de rôle français. Oui, car Trauma n’était pas un jeu de rôle tout à fait comme les autres. Je ne sais pas qu’elle idée de malade avait mené à ce postulat de départ, mais en tout cas, ça avait fait son effet.


Trauma était (est ?) non seulement un jeu de rôle contemporain, donc qui se passe aujourd’hui et maintenant, sans fantastique, sans magie, ni monstres, ni tout ça. Mais en plus à la création de personnage on était sensé jouer un personnage vraiment unique :


Vous-même, avec toutes les restrictions, mais aussi toutes les satisfactions que cela apporte.


Oui, l’idée de se jouer soi-même, ou plutôt un personnage qui nous ressemble, dans toute sa banalité, permettait de pouvoir ensuite vivre des aventures complètement barrés un peu comme dans les films. Un peu comme dans ces histoires où il arrive des trucs extraordinaires à des gens ordinaires… Après, cette possibilité a été supprimée de la version livre, seuls des personnages aventureux et un peu hors du commun sont acceptés (par exemple grand reporter, inspecteur de police, détective privé, pilote d'avion ou d'hélicoptère, mercenaire, truand, aventurier…).


A l'époque je possédais la version magazine, celle que j'ai réussi à me procurer aujourd'hui est la version livre. Mais ce n'est pas grave, ce qui m'a de suite sauté aux yeux, c'était le potentiel scénaristique (rôlistiquement parlant) de Kivu en exploitant justement un jeu comme Trauma. Tout y est, cette ambiance barbouze, les mercenaires, des tonnes de PNJ. Donc du coup cette BD prend tout son sens dans mon Univers de jeu, pour un one-shot contemporain, une mission en mode voyage dans le temps pour mes PJ et bien évidemment ce contexte de sociétés, corporations, consortiums... qui sous des airs respectueux et responsables entretiennent des chefs de guerre, des dictateurs corrompus, maintiennent des populations dans la terreur pour les forcer à travailler et piller leurs richesses... est transposable de partout et à toutes époques dans mon Multivers. Donc une BD que je reprendrai surement en scénario un jour et je verrai à se moment là comment je l'adapte, mais l'idée d'être fidèle à l'histoire avec des règles comme Trauma est tentante.

lundi 16 décembre 2019

Bandes Dessinées - Le Vagabond des limbes

En ce moment je fais une grosse consommation de vieilles BD SF de mon enfance, je redécouvre des tas de titres que j'avais complètement oublié et parmi ceux-ci, la série Le Vagabond des Limbes. La bande dessinée de science-fiction a ceci de formidable que tout y est permis. À la différence d’un film, limité par son budget ou par la technologie des effets spéciaux, aucune borne ne vient restreindre l’imagination du scénariste ou du dessinateur. Et question imagination débridée, Le Vagabond des Limbes de Christian Godard (scénario) et Julio Ribera (dessin) aux éditions Dargaud, est un cas d’école.




Cette série de SF est née en 1973, époque bénie de création tous azimuts, où la bande dessinée s’affranchissait petit à petit des carcans des publications pour la jeunesse. Le Vagabond des limbes relate les aventures d’Axle Munshine, Grand Conciliateur de la Guilde galactique (une sorte de super diplomate) et de son compagnon d’aventure : Musky, fils du prince des Éternautes, une race extraterrestre capable de maîtriser le temps. Musky est donc figé à l’âge de ses 13 ans, et ce depuis plusieurs centaines d’années, jusqu’à ce qu’il trouve l’adulte qui lui donnera envie de grandir. Mais voilà qu’Axle, pressenti pour être le futur Médiat Suprême de l’Empire, est accusé de haute trahison et proscrit car il a bravé l’interdit ultime de la Guilde : « Les portes du sommeil, jamais ne franchira ». De plus Axle, ce romantique extravagant, a commis l’imprudence de tomber amoureux de Chimeer, une jeune femme évanescente rencontrée dans ses rêves. Pourchassé par la féroce Garde Pourpre, Axle fuit à travers l’univers, voguant de planète en planète pour tenter de retrouver la belle dont il a rêvé.





Chaque nouveau monde exploré par notre héros est l’occasion pour le scénariste de se livrer à une débauche de délires plus cintrés les uns que les autres. Dans l’Empire des soleils noirs, le destin des hommes est régi par un Bon Prophète qui décide du jour et l’heure de la mort de chacun ; des petits anges blonds en uniformes de la Schutzpolizei des années 1930 se chargeant de conduire les uns et les autres vers leur mort à l’heure dite. Près de Bousbbhyr, la Guilde a emprisonné un bien étrange alchimiste ivrogne et paillard qui prétend s’appeler Dieu et pouvoir créer la vie. Sur Omphale, la planète du temps pétrifié, un labyrinthe permet de se confronter à toutes les étapes de sa propre vie (la vieillesse, la jeunesse, l’enfance…). Sur Kohmédy-l’Ancienne, les rôles sociaux sont définis par des masques symbiotiques attribués aléatoirement mais objets de tous les trafics. Etc. etc. Si l’on ajoute un univers graphique bourré de créatures bizarres autant qu’étranges, de vaisseaux spatiaux aux formes d’utérus géant, d’insectes à tentacules et de gastéropodes à fourrure, aux décors influencés par les dessins de Piranèse et les toiles de Breughel, vous comprendrez aisément que nous sommes en présence d’une œuvre pour le moins… originale. Manifestement, Christian Godard est de ces scénaristes illuminés qui doivent consommer dieu seul sait quel psychotrope pour trouver l’inspiration, de la catégorie des écrivains de SF paranoïaques et géniaux marchant dans les pas de Philip K. Dick. Mais au-delà de cette imagination débordante, Le Vagabond des limbes recèle d’autres éléments qui contribuent à son charme : une certaine dose de poésie et une touche d’humour (Musky notamment, du haut de ses 13 ans, est un insupportable râleur qui jure comme un charretier des jurons autrement plus truculents que ceux du capitaine Haddock. Bref, un adolescent quoi !).




Le dessin de Julio Ribera est assez... disons... singulier et, s’il peut rebuter de prime abord, finit par renforcer le caractère de la série. Véritable maître du Rotring, Ribera a un trait très noir, mélange d’aplats charbonneux, de taches d’encres et de hachures. Mais ses coloristes utilisent des couleurs particulières, tantôt vives, tantôt pastels, qui contrastent avec le noir du trait. Dans un esprit très Seventies, des solarisations à la couleur ou des fonds de couleurs brutes contribuent à l’ambiance psychédélique de ces albums. Enfin, manifestement, les sources d’inspirations de Ribera sont souvent la peinture classique et l’on retrouve ici ou là, à travers une scène inspirée d’un tableau, une impression de déjà-vu qui plonge le lecteur en pleine confusion visuelle et mentale.




Si vous ne devez lire qu’un album, je vous conseille vivement Quelle réalité, papa ?, surement l’un des meilleurs de la série pour vous faire une idée des délires de celle-ci. Pour retrouver sa belle, Axle consulte une voyante extra-lucide galactique qui lui confie un distors, sorte de chenille aux capacités mentales phénoménales. Cette dernière va manipuler la réalité pour la faire correspondre aux rêves d’Axle. Sur une planète éloignée, qui s’avère être la Terre, une starlette hollywoodienne pressentie pour jouer un rôle dans un film de science-fiction au scénario étrangement semblable aux aventures d’Axle, incarne tout à coup divinement Chimeer. Mais cette distorsion de la réalité touche tous les acteurs. Bientôt, les cars de touristes visitant les studios de cinéma de Los Angeles sont attaqués par des Comanches montés sur des Harley-Davidson, l’acteur qui jouait un serial-killer prend son rôle très au sérieux, tandis que, dans les décors du film sur la Seconde Guerre mondiale, Saint-Louis, qui a renversé Hitler, décrète la solution finale contre tous les ennemis du Reich : huguenots, sarrasins et autres sorcières. Axle et Musky vont devoir aller chercher Chimeer dans un effroyable camp de la mort où l’on exécute les hérétiques comme dans les gravures des Grandes misères de la guerre de Jacques Callot. Mais est-ce vraiment Chimeer ?




Assurément, Le Vagabond des limbes est une série pleine d’imagination, de fantaisie et de délires qui fait souffler un vent de liberté débridée. De bien bons albums de science-fiction à lire pour explorer la matière dont sont faits les rêves !!! Je pense que c'est dans ce type de BD que des jeux comme MEGA tirent une partie de leur inspiration, du moins pour les premières versions, et c'est aussi le type de SF qui alimente ou qui devrait plus alimenter mon Multivers de jeu.